En revenant pour la première fois dans la ville en 2009, je me suis souvenu de mes yeux en colère, devant la télévision. Des enfants, des marchés, des ponts, des collines, des êtres, de la bibliothèque qu’on nous a, à tous, volés. Je suis passé devant le marché Markale ou deux bombes sont tombées pendant la guerre. J’ai fermé les yeux et j’ai revu les images de Senad, le présentateur de la télévision, qui pleure. Aujourd’hui les marchants de légumes sont à nouveau là.
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Malraux à Sarajevo
Robin Hunzinger
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Centre culturel André Malraux (Sarajevo)
Robin Hunzinger
Jean-Michel Fredon : « Pourquoi être allé à Sarajevo en pleine guerre, au risque de se faire tuer ? Pourquoi y avoir ouvert un lieu de rencontres entre les habitants de la ville quand les circonstances les contraignaient à se cacher, à s’isoler ? Un lieu, aussi, de rencontres entre eux et des œuvres du monde entier, quand le siège visait à les couper du monde, à les déshumaniser autant qu’à les affamer ? Pourquoi avoir donné le nom d’André Malraux, artiste et homme politique dont le nom évoque les Comités antifascistes, les Brigades internationales et la Résistance ? Faut-il vraiment répondre à ces questions-là ? Qui ose les poser ? […] Le Centre André Malraux, c’est un lieu de recherche, un lieu d’échange, un lieu de contradiction. Pas seulement un espace où des adolescents découvrent Flaubert, Echenoz, Bilal, Resnais, Garrel, Kechiche, Souchon ou MC Solaar. Pas seulement où l’enseignement du français à l’étranger n’est pas une procédure bureaucratique mais une dynamique désirée. Pas seulement l’outil qui a permis à Jean-Luc Godard ou à Chris Marker de faire quelques uns de leurs plus beaux films, pas seulement le moteur de festivals du livre sans équivalents, pas seulement même un espace de transmission d’une vision du monde dont la France et ceux qui parlent en son nom revendiquent toujours d’être l’incarnation. Un lieu pour mieux travailler, où que nous soyons – le plus souvent, loin de Sarajevo. La moindre défaillance peut tuer ce que fabriquent Bueb et les siens, mais c’est nous qui avons besoin d’eux. »
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Robin Hunzinger
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Ecrire
Robin Hunzinger
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Neige, Bambois, avec Xavier Zimbardo
Robin Hunzinger
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Benjamin, les ruines
Robin Hunzinger
Benjamin écrit à propos du tableau Angelus Novus de Paul Klee qu’il a acheté en 1921 : « L’ange de l’histoire doit avoir cet aspect. Il a le visage tourné vers le passé. Là où nous percevons une chaîne d’événements devant nous, lui ne voit qu’une seule catastrophe qui sans cesse entasse mines sur ruines et les jette à ses pieds. Il voudrait bien rester sur place un instant, ressusciter les morts et réunir ce qui a été fragmenté. Mais du paradis souffle une tempête qui s’est prise dans ses ailes, et qui est si forte que l’ange n’arrive plus à les fermer. Cette tempête le propulse irrésistiblement vers l’avenir, auquel il tourne le dos, tandis que le tas de ruines devant lui s’accumule et monte jusqu’au ciel. Ce que nous nommons le progrès est cette tempête. »

(Neuvième des thèses Sur le concept d’histoire, 1940)
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Eloge de la ruine
Robin Hunzinger
Volney, Diderot, Chateaubriand, ont exalté la ruine en tant que vestige architectural de l’Antiquité qui fait surgir tout un monde dans la psychè du spectateur.
Diderot écrit:
« L’effet de ces compositions, bonnes ou mauvaises, c’est de vous laisser dans une douce mélancolie. Nous attachons nos regards sur les débris d’un arc de triomphe, d’un portique, d’une pyramide, d’un temple, d’un palais, et nous revenons sur nous-mêmes. Nous anticipons sur les ravages du temps, et notre imagination disperse sur la terre les édifices mêmes que nous habitons. A l’instant, la solitude et le silence règnent autour de nous. Nous restons seuls de toute une génération qui n’est plus ; et voilà la première ligne de la poétique des ruines. »
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Mes ruines (1)
Robin Hunzinger
Mélancolie et deuil des ruines via ce poème de Beaudelaire qui a d’ailleurs été traduit en allemand par Walter Benjamin :Honteuses d’exister, ombres ratatinées,
Peureuses, le dos bas, vous côtoyez les murs;
Et nul ne vous salue, étranges destinées!
Débris d’humanité pour l’éternité mûrs!Mais moi, moi qui de loin tendrement vous surveille,
L’œil inquiet, fixé sur vos pas incertains,
Tout comme si j’étais votre père, ô merveille!
Je goûte à votre insu des plaisirs clandestins:Je vois s’épanouir vos passions novices;
Sombres ou lumineux, je vis vos jours perdus;
Mon cœur multiplié jouit de tous vos vices!
Mon âme resplendit de toutes vos vertus!Ruines! ma famille! ô cerveaux congénères!
Je vous fais chaque soir un solennel adieu!
Où serez-vous demain, Èves octogénaires,
Sur qui pèse la griffe effroyable de Dieu? -
Recherches à la Bibliothèque du Congrès
Robin Hunzinger
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Filmske Novosti Beograd
Robin Hunzinger

































