Robin Hunzinger - La cavale
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Le dossier du jour : La bête des Vosges : autopsie d’une rumeur (VOSGES MATIN) 

mercredi 1er avril 2009, par La cavale

Dans un documentaire diffusé samedi après-midi sur France 3, Robin Hunzinger relate l’ensemble des rumeurs qui ont couru autour de la "bête des Vosges", qui a massacré, il y a dèjà 32 ans, près de 200 bêtes et suscité une vague de terreur.

A l’époque des faits, il avait huit ans. "J’ai de touts petits souvenirs d’enfance de cette affaire". Il habitait déjà dans un coin magnifique de la montagne vosgienne au-dessus de Lapoutroie. Une maison d’enfance que Robin Hunzinger est venu habiter à nouveau depuis deux ans après des années passées à Paris. Le réalisateur du documentaire "La bête des Vosges autopsie d’une rumeur" n’en est pas à son coup d’essai. Après des débuts un peu "galère" à Paris, il a fait son petit trou dans la profession. Voilà dix ans qu’il réalise des documentaires. A Gorazde en Bosnie, en Palestine. Mais aussi dans les Vosges.

Le sien n’est pas le premier film sur la bête des Vosges. Mais il aborde la chose sous un angle assez original. Plutôt que la simple chronologie des faits, le jeune réalisateur s’est attaché à décrypter l’ensemble des rumeurs qui sont nées de cette affaire hors du commun.

Son documentaire alterne des images d’archives et les souvenirs des témoins de l’époque avec plus de trente ans de recul sur les faits. Chasseurs, garde-chasse, vétérinaire, éleveurs. Tous donnent leur propre version des faits. "Il y a eu plusieurs rumeurs en fait autour de la bête des Vosges", explique Robin Hunzinger. "Au départ, on a parlé des écolos qui avaient lâché un lynx. On a parlé d’un loup des carpates… Ensuite d’un loup échappé d’un zoo lointain". Et puis surtout il y a eu cette incroyable rumeur autour du propriétaire du château d’Hadigny les Verrières, un riche industriel allemand nommé Reinartz. Depuis l’arrivée de cet allemand dans les Vosges, la chasse autour du château était clôturée et plus du tout accessible. Une partie de la presse s’engouffre dans cette hypothèse sans aucun recul et des rumeurs de plus en plus folles circulent sur le "boche" qui finit par saisir son consulat et la justice.

À Rambervillers, certains témoignages font même le parallèle avec la seconde guerre mondiale. Le commandant de la Wehrmacht qui a traversé la région s’appelait Reinardt. Et le rapprochement entre les deux homonymes est vite fait.

Mais la bête des Vosges ne restera pas dans la région de Rambervillers. Elle quitte rapidement la plaine pour sévir dans le piémont et ensuite dans la région de la Bresse.

Les Vosges vues de Paris
Près de dix ans avant l’affaire Grégory, la presse parisienne s’empare de l’affaire et débarque avec délectation dans les Vosges. Un article de l’Express décrit la commune de La Bresse, comme une "communauté de 4000 à 5000 personnes qui vivent repliées sur elles-mêmes". " Des marginaux en quelque sorte", précise l’article. Le mensuel "Le sauvage" décrit les Vosgiens comme des gens posés accrochés à la roche de grès.

Mais le plus frappant, ce sont les reportages télé de l’époque. Sur fond d’un clair de lune, un sujet lancé par le tout jeune Gérard Holz sur France Télévision commence par la traque nocturne des chasseurs vosgiens au son des hurlements de loup. Seul TF1 avait réussi à l’époque à filmer le fameux industriel allemand M. Reinartz carabine à l’épaule dans un de ses miradors. L’industriel est décédé aujourd’hui et son fils qui possède désormais le domaine d’Hadigny les Verrières n’a pas souhaité témoigner.

Après seulement un mois de tournage au lever ou au coucher du jour pour avoir des conditions de lumière optimales, Robin Hunzinger a pris son temps pour monter le sujet. Deux mois de montage chez lui à Lapoutroie. Et puis un gros travail sur l’ensemble des archives fait sur ordinateur à Nancy. Afin d’intégrer les photos, les coupures de presse dans le montage.

Le film comporte quelques petites trouvailles, comme des images de Google earth de la région de Rambervillers retravaillées par ordinateur. Il y a également des archives magnifiques de l’INA d’une petite chouette effraie volant dans la nuit qui revient comme un leitmotiv dans le film. La chouette effraie choisie par le réalisateur comme un symbole de la peur. " Dans le temps, on la clouait aux murs en raison de son cri effrayant", explique Robin Hunzinger.

Katrin TLUCZYKONT

Vosges Matin le 01/04/2009

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