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Pierre Schoendorfer dialogue avec Robin Hunzinger (SAISONS D’ALSACE) 

mardi 19 juillet 2005, par La cavale

« Sous les cendres, il y a de la braise »

Rencontre entre deux cinéastes de guerre alsaciens. Deux générations, deux regards sur le sens de la guerre et la fonction de la mémoire.

Saisons d'Alsace - Pierre Schoendorfer Robin Hunzinger

Ils ne se connaissaient pas et ne se seraient peut-être jamais croisés dans les rues de Paris. Ces deux Alsaciens qui habitent la capitale ont pourtant une passion en commun : parler de la guerre par le langage du cinéma. Faisant partie de la génération des trentenaires qui nourrissent un profond intérêt pour l’histoire des conflits du XXe siècle, le jeune documentariste Robin Hunzinger avait connu et aimé l’œuvre de Pierre Schoendorfer. Les films et les livres de ce cinéaste, documentariste et écrivain consacrés aux guerres d’Indochine, d’Algérie et du Vietnam continuent à fasciner jusqu’aux plus jeunes générations. A l’âge de quatre-vints ans, il aurait pu être le grand-père du son jeune confrère Robin Hunzinger : un « petit-fils » qui a, lui aussi, déjà entendu siffler les balles. C’était en Bosnie et en Palestine.

Imaginée à Strasbourg quelques jours auparavant, leur rencontre se réalisa au lendemain du 8 mai, soixante ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, au calme d’une belle après-midi dans l’appartement parisien de Pierre Schoendoerfer. Qu’avaient-ils à se dire, ces deux hommes dont les origines alsaciennes leur inspirent une interrogation permanente sur le sens de la guerre et de la mémoire ?

A peine arrivé, Robin Hunzinger interroge déjà l’homme qu’il admire sur le sens de l’engagement dans l’armée, en pleine guerre d’Indochine, du jeune cinéaste Schoendorfer. Curiosité, admiration et provocation mêlées, sa question appelle à la franchise :

– Volontaire sous les drapeaux de l’armée française en Indochine, étiez-vous obligé de partager la vision de la Grande Muette ? 

« En Indochine,répond Pierre Schoendorfer, je découvrais la guerre, caméra à l’épaule. Je ne pouvais pas à la fois vivre l’intensité et réfléchir au sens de la guerre. J’avais déjà vécu la Deuxième Guerre mondiale, mais n’y avais pas participé. Mon père travaillait chez De Dietrich à Niederbronn, juste sur la ligne Maginot. Nous avons donc été évacués dès 1939 à Clermont-Ferrand et réfugiés en zone sud durant toute la guerre. A Annecy, au moment où les Allemands ont bombardé la ville à cause d’une usine stratégique, je me suis retrouvé dans une maison à moitié détruite. J’avais donc une idée de la guerre, mais c’est en Indochine que j’ai entendu les balles siffler à mes oreilles. Je prenais des ordres du capitaine de la section et j’imitais ce que faisaient les soldats. Je formais un couple avec un camarade photographe qui était un déporté survivant des camps de concentration. Il m’a appris à me baisser quand les balles se dirigeaient vers moi. Petit à petit, je devins entièrement solidaire de mes camarades. Ma vie dépendait d’eux, de leurs capacités au combat. »

– Ne pensiez-vous pas qu’il s’agissait d’une guerre qui défendait une vision colonialiste des intérêts de la France ? poursuit Robin Hunzinger.

« Je pensais surtout que je devais devenir une éponge, aspirer tout, l’imprimer à l’intérieur de moi, pour réfléchir plus tard, dès mon retour, si je revenais. Après, j’ai eu tout le temps de réfléchir, à travers mes livres et mes films : sur la guerre en Indochine, les rapports entre la France et le Vietnam, la Chine et l’Extrême Orient. Je pouvais voir l’absurdité de la guerre, les erreurs politiques que la France a commises en Indochine, mais aussi les traces positives que notre pays avait laissées là-bas. »
Pierre Schoendorfer raconte l’émotion de ses rencontres avec les anciens soldats du Vietminh, qu’il a revus quarante après la fin de la guerre, au moment du tournage de son film Dien Bien Phu (1991) : « Une aventure humaine exceptionnelle, plus importante que le film lui-même ». Au-delà de l’affrontement, de la mort et de l’horreur, la guerre en Indochine lui a permis de découvrir un pays fascinant, une multitudes de peuples, d’ethnies, de tribus, de visages : « La curiosité humaine est le moteur de notre métier ! », dit Pierre Schoendorfer.

Très vite, la conversation aborde le cœur du sujet : pourquoi et comment revient-on sur le thème de la guerre ?

Parti à vingt-deux ans pour filmer le siège de Sarajevo, Robin Hunzinger ressent la guerre comme l’expression même de l’injustice et du cauchemar : « J’ai été marqué à vie par l’horreur de la mort autour de moi. »

Paradoxalement, c’est à travers le sujet de la guerre, en retournant sur les points chauds de la planète (Palestine, Bosnie, Kosovo), qu’il revendique une justice, questionne, s’engage, dénonce : « On ne peut qu’être engagé quand on entend l’injustice dans les comptes-rendus des radios françaises qui, lors du siège de Sarajevo, parlaient de l’’armée musulmane’, alors qu’il s’agissait de la population de Sarajevo ; quand on devient témoin de la destruction d’Hébron, une des villes palestiniennes qui concentre un énorme héritage culturel mondial ; ou encore, quand on s’aperçoit des dégâts que la France continue à infliger aux populations en Afrique, en Côte d’Ivoire, au Congo, etc. »

Le regard de Pierre Schoendorfer semble plongé dans un lointain souvenir, comme s’il essayait de se rappeler une scène précise, un détail important, peut-être un visage, au-delà des causes politiques : « Vous voyez la guerre comme un acte politique, alors que moi, je regarde les hommes, embarqués dans le tourbillon, sans trop savoir pourquoi. Quand je filmais la section Anderson1 (unité américaine pendant la guerre au Vietnam), je trouvais cette guerre absurde et injustifiée, mais en la filmant je m’intéressais au destin des hommes. Loin d’être un idiot, le lieutenant Anderson ne fait pas de la grande théorie… Les soldats ne parlent jamais du sens de la guerre, ils la font. »

La guerre interroge la maîtrise du destin humain et la valeur de l’existence individuelle. Pour Robin Hunzinger, la justice et l’injustice ont, avant tout, un poids politique et il insiste auprès de Pierre Schoendorfer :

– Vos films ne montrent-ils pas le désespoir de soldats que la guerre embarque dans une cause qui n’est pas la leur ? Ne se sentent-ils pas trompés ?

« Mes personnages n’ont pas des raisonnements politiques, mais des raisonnements humains, ce qui n’est pas la même chose… Je n’ai jamais regretté d’avoir fait la guerre du côté français en Indochine parce que j’y ai appris quelques choses, pas le sens de la guérilla, mais quelques choses qui m’ont marqué pour le reste da ma vie : les rapports entre les hommes, les lignes qu’il ne faut jamais franchir pour ne pas perdre son âme. »

Car, au-delà du jugement moral et politique, pour Pierre Schoendoerffer la guerre semble inscrite dans la condition humaine. « La guerre existe depuis que l’humanité existe. Tous les pays se sont forgés à coups d’épées. On ne peut que le constater, on ne le changera pas, ce côté absurde de la guerre où personne ne gagne vraiment. »

Proche de la sagesse et de l’esthétique du drame antique, Pierre Schoendoerffer est sensible à la grandeur de l’existence de l’homme qui s’exprime et se dépasse à l’intérieur des limites de sa tragique finalité qui est la mort. Sans prétendre à la justice absolue, réservée aux dieux, l’homme poursuit son destin : il aime, engendre, tue, pardonne et commet des erreurs. Il ne connaît pas l’objectivité, mais l’honnêteté, pas l’infaillibilité, mais l’honneur, l’amitié, la nostalgie. De par sa nature même, l’homme semble être un éternel « malgré-nous », un schizophrène, déchiré entre l’être et le destin.

A ce stade-là de la discussion, on ne peut pas ne pas parler de l’Alsace…
« Une dizaine d’années en arrière, raconte Pierre Schoendorfer, j’avais un projet de film sur les Malgré-Nous : un sujet fascinant par son ambivalence. Je voulais que ce film se termine d’une manière tragique. Un soldat alsacien, revenu du front russe, se fait capturer par les Alliés sur le front Ouest. Malgré son insistance pour se faire reconnaître comme Français, il est traité comme un salopard d’Allemand servant sous l’uniforme du Reich. Le film ne s’est pas réalisé, par manque d’intérêt de la part des producteurs qui disaient que le sujet n’est pas très attrayant pour le grand public… »

La fascination de Pierre Schoendorfer pour le destin des Malgré-Nous est néanmoins présente à travers deux de ces films cultes : La 317e Section (1964) et Le Crabe-Tambour (1976). Car ce déchirement est inscrit dans son histoire familiale : « Un de mes cousins, qui a servi dans la Wehrmacht, me disait une chose que je trouvais parfaitement juste : “Je vivais une schizophrénie, je ne voulais pas une Allemagne victorieuse parce que l’Alsace serait devenue définitivement allemande, mais au combat je faisais tout pour que mes camarades soldats soient victorieux pour qu’ils ne se fassent pas tuer. Il était question de ma survie et de la leur.” »

Pour le jeune documentariste Robin Hunzinger, l’interrogation sur le sens de la guerre passe aussi, de manière incontournable, par l’interrogation de son histoire familiale liée à la Deuxième Guerre mondiale : « Mon prochain film racontera l’histoire de ma grand-mère Emma. Jeune communiste en 1935, elle part pour l’URSS avec son amie Thérèse. Plus tard, la vie séparera les deux femmes de retour en France. Chef d’un réseau de résistants, Thérèse se fait tuer par la Gestapo, alors qu’Emma capitule par amour pour un homme. Sans me poser en juge, et encore moins en procureur, je questionne les choix et les enseignements que nous avons hérités des générations précédentes. Il est très important de nous préparer à faire aussi, le moment venu, nos propres choix, même ceux de tous les jours. »
Pour Robin Hunzinger, le silence sur le passé, le refus de digérer une histoire qui dérange, mettent en péril le présent : « Contrairement aux Allemands, les Alsaciens refusent de réfléchir sur leur passé. Ce silence nourrit des discours antisémites et racistes, le vote FN et l’intolérance, qui trouvent une terre fertile dans cette région qui a accueilli tant d’hommes et de religions de l’Europe entière. J’ai toujours cru dans l’idée de Mitteleuropa, je me sens apatride comme l’écrivain Predrag Matvejevic, et chaque fois que je retourne à Strasbourg je ressens la présence de cette Mitteleuropa tant aimée… Mais parfois j’ai honte d’être alsacien ! Pas vous ? »

La question s’adresse à Pierre Schoendoerffer ,qui répond sans hésiter : « Non, pas du tout ! Petit, dans les champs, on me disait que si j’étais méchant, les Suédois viendrait me prendre. Même les Suédois sont passés par ce pays en laissant de terribles souvenirs, un pays qui a eu à beaucoup souffrir de l’histoire et qui pourtant est parvenu à en tirer une sagesse, une philosophie de la vie. C’est pour moi si touchant qu’en Alsace les monuments aux morts portent l’inscription “À nos morts”, sans mentionner de cause ou de patrie. Les soldats sont morts et ils méritent qu’on s’en souvienne, au-delà de tout autre circonstance. »

Mais le souvenir appelle à la mémoire et la mémoire a ses blessures qui continuent à faire mal. « Sous les cendres il y a de la braise ! », dit Pierre Schoendorfer : « Les hommes sont encore très sensibles. Quand, en 1982, vingt ans après la guerre, j’ai fait un film sur l’Algérie, je pensais que je ne toucherais qu’à la cendre et je me suis vite brûlé les doigts. Il y a eu des réactions violentes… »

– J’ai toujours admiré votre courage, et celui de Tavernier, de parler des guerres dont on ne voulait pas se souvenir : la guerre d’Indochine, la guerre d’Algérie, des sales guerres… Avez-vous rencontré des résistances, de la censure ?, demande Robin Hunzinger

« Pas de la censure, mais des refus de coopération. L’armée avait refusé de m’aider pour le tournage du film sur l’Algérie. Mais j’étais persuadé qu’il fallait en parler », répond Pierre Schoendorfer. Il a fallu au cinéaste vingt ans pour qu’il commence à parler de sa captivité chez les Vietminh. Le temps apaise, mais n’acquitte pas du devoir de retour à la mémoire :

« Couvrir de silence les guerres qui dérangent, c’est créer des amnésies dangereuses…C’est comme si on vous enlevait des années de votre vie pendant lesquelles vous avez aimé, grandi, souffert, gagné, perdu… C’est comme si on vous enlevait à vous-même. La guerre d’Algérie et la guerre d’Indochine – tout comme le drame des Malgré Nous – ont existé et font partie de notre histoire. Il ne faut pas avoir honte de son pays. Chaque pays a son pied bot. Les Américains, avec une plus grande brutalité, celle qui les caractérise, ont su parler très vite de leur guerre au Vietnam, avec Apocalypse now et d’autres films. Mais ils n’étaient pas aussi profondément impliqués dans le pays. Notre séparation d’Indochine était un réel déchirement. »

En parler, oui, mais comment ? N’est-ce une trop grande responsabilité que d’être le cinéaste ou l’écrivain dont l’œuvre remplacera dans un proche futur la parole des témoins vivants ? Dire la vérité, même quand elle dérange, surtout quand elle n’est pas du côté des vainqueurs et du pouvoir, c’est ce que Robin Hunzinger nomme être son inspiration et son devoir premier :

« Le documentariste porte une très grande responsabilité quand il s’interroge sur la manière de transmettre la mémoire qui comporte une grande partie d’indicible que les monuments surfaits ne parviennent pas à faire partager. En plus, les questions du passé sont constamment utilisées pour les causes du présent. Il faut être très vigilant, ne pas mélanger la mémoire avec l’actualité, faire la différence entre antisémitisme et antisionisme par exemple, entre ce qui s’est passé en France et les autres pays d’Europe pendant la Deuxième Guerre mondiale et ce qui se passe aujourd’hui dans les territoires occupés en Palestine. En visitant le Struthof, on doit expliquer aux enfants aussi bien l’histoire de la Shoah que l’histoire des résistants de toute l’Europe qui représentaient la majorité des détenus de ce camp de concentration. »

Plutôt que de parler d’objectivité, Pierre Schoendorfer préfère le mot d’honnêteté. A la Vérité absolue, il préfère la Quête de la vérité : « On connaît le mensonge, mais la vérité on la cherche toujours. La fiction permet une plus grande liberté pour raconter le vécu, un autre versant de la vérité. J’essayais de témoigner de la façon la plus fidèle, d’assumer la responsabilité de quelqu’un qui, d’une certaine manière, contribue à la construction de la mémoire de la France. Le cinéma est un art fugitif ,qui survole les événements, mais il travaille beaucoup avec l’émotion. L’émotion qui est aussi porteuse d’intelligence et de sens. »

La rencontre touchant à sa fin, Pierre Schoendorfer laisse une soudaine tristesse s’emparer de sa voix, jusqu’à présent pleine d’énergie et d’assurance : « Je suis pessimiste pour l’avenir de mes petits-enfants. A cet âge où je prépare mon départ, j’aimerais tant que l’aventure humaine continue sur une planète habitable. Les hommes sont devenus le cancer de cette terre… »

Pourtant, les films et les livres de Pierre Schoendorfer ne laissent-ils pas entendre que l’homme s’apprend et se forge dans l’adversité, que la tragédie fait germer le grain de l’espoir ? Comme la vérité, l’homme ne serait-il pas, lui aussi, une quête permanente, celle de toutes les générations ?

Deux cinéastes, deux œuvres, deux styles
par Stéphane Laurent

PIERRE SCHOENDOERFFER, écrivain et cinéaste, est l’une de ces personnalités fortes qui ont à cœur de transformer leurs propres expériences de vie en matière première d’une filmographie tournée vers l’authentique. L’utilisation de cette pâte humaine lui permet en effet de façonner une œuvre originale et caractérisée par son ancrage dans le réel. C’est ce terreau de l’expérience personnelle qui donne aux personnages imaginés par Schoendoerffer cette dimension humaine et offre à ses parcours de tragédie l’accent de sincérité qui fonde leur puissance d’évocation. Ancien militaire, familier des champs de bataille, engagé comme tant d’autres dans des combats dont les enjeux le dépassaient souvent, Pierre Schoendoerffer a su, à la manière de José Giovanni pour le monde des truands, mêler le souci constant de crédibilité au souffle de la fresque. Cameraman au Service cinématographie des Armées pendant le conflit en Indochine, reporter et photographe de guerre par la suite, le cinéaste s’est tout d’abord illustré comme documentariste (on se souvient de La section Anderson, compte-rendu édifiant du quotidien d’une patrouille américaine au Viêt-nam), avant de se tourner vers la fiction. Ses films – La 317e section, L’honneur d’un capitaine, et surtout le magistral Crabe tambour, récompensé en 1977 par trois César – exaltent tous ce sens aigu de la camaraderie des hommes pris dans la tourmente, et la nostalgie pour ce soldat du passé, épris de liberté, d’aventures et de voyages. Fasciné par les tourments de l’âme lorsqu’elle est confrontée à l’urgence d’un choix ou à la contrainte des faits, Pierre Schoendoerffer – fier de ses origines alsaciennes – a caressé un temps le projet de réaliser un film de fiction sur le sort tragique des Malgré-nous. C’est dire à quel point la complexité de l’histoire et les tragédies humaines propres à ébranler les convictions les plus rigides sont au centre des préoccupations d’un artiste conscient que le monde change en permanence et que les hommes ne font jamais que s’y adapter.

ROBIN HUNZINGER, né juste après mai 68, à une période où les engagements paraissaient clairs et généreux, est devenu adulte dans une société aux enjeux complexes et aux contours idéologiques flous. Le jeune homme a hérité de ce parcours une envie inextinguible de comprendre son époque et de dénicher en elle un salutaire espoir de justice. Ces aspirations, Robin Hunzinger a trouvé matière à les concrétiser en devenant un documentariste attentif aux soubresauts du monde. Puceau de l’horreur, selon la formule de Céline, il part en Bosnie en 1993, en Palestine quelques années plus tard, et ramène de ses voyages au quatre coins du monde des films en forme de témoignages brûlants et concernés – on citera notamment Traces de guerre, tourné en 1999 et qui présente deux femmes bosniaques chargées de débarrasser la frontière du fléau que constituent les mines antipersonnel. L’exploration de son passé familial conduit par ailleurs Robin Hunzinger à se pencher sur des problématiques spécifiquement alsaciennes et le porte à travailler sur la question de la mémoire – particulièrement lorsque celle-ci est douloureuse. 1942 : enquête de mémoire, ou Un souvenir français, consacré au Struthof, illustrent ainsi l’impérieux besoin du cinéaste de lever le voile pudique jeté sur certaines réalités de l’histoire régionale. Mais de ce parcours engagé, on retiendra surtout Voyage dans l’entre-deux, un film éminemment personnel et consacré à la force symbolique de la notion de frontière, si importante pour l’auteur, né d’un côté du Rhin et qui a attendu de si longues années avant de rejoindre l’autre rive. Hunzinger, l’ennemi du refoulement et de l’amnésie, s’y interroge avec pudeur sur le sens et l’origine profonde de ce refus inconscient.

Saisons d'Alsace - Pierre Schoendorfer Robin Hunzinger

Saisons d'Alsace - Pierre Schoendorfer Robin Hunzinger

Saisons d'Alsace - Pierre Schoendorfer Robin Hunzinger

Saisons d'Alsace - Pierre Schoendorfer Robin Hunzinger

P.-S.

Entretien réalisé par Dostena Lavergne avec Stéphane Laurent

Les Saisons d’Alsace, été 2005

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