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La cavale
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Robin Hunzinger dans Comme un Samedi sur France Culture

Beaucoup d’amour et de passion au programme de la carte blanche de la comédienne Louise Chevillotte, qui propose sa deuxième mise en scène, inspirée par le livre "L’Incandescente" de Claudie Hunzinger, une histoire d’amour lesbienne dans la France des années 20.

Avec
Louise Chevillotte, comédienne
Robin Hunzinger, documentariste
Alix Boillot, artiste plasticienne
Lauriane Nicol, créatrice du média "Lesbien Raisonnable"
Léonie Pernet, musicienne et chanteuse française

Un trésor de plus de mille lettres... comme un labyrinthe incandescent
Avant d’être un film, avant d’être un spectacle, et avant même d’être un geste littéraire de Claudie Hunzinger, il y a une histoire secrète, un trésor : des écrits. Robin Hunzinger, "film maker" comme le dit sa mère l’écrivaine Claudie Hunzinger, c’est-à-dire documentariste, a vécu avec sa grand-mère Emma dans son enfance : "Quand elle est morte, les adultes se sont partagés des meubles, mais dans le secrétaire, moi je savais qu’il y avait un trésor : des écrits... J’ai pris le trésor parce que je savais qu’Emma écrivait, et qu’elle voulait faire un livre qui s’appellerait ’Miroir brisé’."

Robin Hunzinger connaissait cette histoire. Alors un jour, il ouvre les carnets et les montre à Claudie, qui écrit alors Elles vivaient d’espoir (éditions Grasset, 2010). Mais il reste quelque chose d’important : une correspondance qu’Emma avait reçue à partir de 1926 de la part de Marcelle, les traces d’une grande histoire d’amour de plus de mille lettres. "Cette correspondance brûlait, c’était très fort !, raconte Robin Hunzinger. Plus de mille lettres de Marcelle, cette jeune fille, qui écrivait à ma grand-mère... Qui était-elle ? Nous ne le savions pas."

Plus tard, le documentariste découvre un album-photo de famille où il reconnaît sa grand-mère Emma, aux côtés d’une jeune fille au sourire malicieux. Il fait l’hypothèse que cette jeune fille est Marcelle. "De cette hypothèse, je me suis dit que je pouvais faire un film. J’ai enquêté, et mon intuition était juste : c’était bien Marcelle sur la photo !"

Alors comment toute cette histoire est-elle devenue une pièce de théâtre ? Quand Louise Chevillotte découvre le film de Robin Hunzinger, Ultraviolette et le Gang des cracheuses de sang, elle est envoûtée par Marcelle, et en fait part à Robin, qui lui parle du livre de sa mère : L’Incandescente (éditions Grasset, 2016). "Jamais je n’avais entendu une langue comme celle-ci, raconte Louise Chevillotte, un désir presque totalitaire qui m’a raptée."
Mais il existait encore d’autres lettres... Une porte s’était ouverte pour Louise Chevillotte, qui, même si elle ne faisait pas partie de cette famille, voulait en savoir plus : "De la fougue avait sommeillé 100 ans dans un placard, et Robin et Claudie l’avait libérée. À mon tour, j’ai plongé dans ce labyrinthe incandescent, et j’ai voulu faire entendre cette langue. Au début, c’était flou : était-ce pour moi ? Pour le plaisir de mettre de si belles lettres dans ma bouche ?"
Pour notre plus grande chance, non ! Ce matériau est devenu un chemin vers la mise en scène, pour ce spectacle qui porte le nom de L’Incandescente et le Gang des cracheuses de sang.

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/comme-un-samedi/comme-un-samedi-avec-louise-chevillotte-8597462

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