Qu’est-ce que l’amour aujourd’hui ?

Hesse écrivait : « L’amour ne doit ni demander, ni exiger. L’amour doit avoir la force de trouver sa certitude en lui-même. Alors il n’est pas entraîné, il entraîne. « (Demian)

Holderlin :

« Les hommes dans ce monde rencontrent la vie,

Comme sont les années, comme les temps ambitionnent,

Comme est le changement, ainsi beaucoup de vrai demeure,

Que la durée se mêle aux années différentes.

La perfection atteint telle unité en cette vie

Que la noble ambition de l’homme s’en arrange »

C’est son dernier poème, écrit à Tubingen, dans cette tour…

J’ai trouvé des mots d’amour de Heidegger… à Harrendt écrits pour certains dans sa hutte de Todnauberg en forêt noire :

«Le démonique m’a atteint de plein fouet [...] Jamais rien de tel ne m’était arrivé.»

«Tu as lu mon livre (Etre et Temps), autant dire que tu as fondu ton amour au creuset de ton bonheur nouveau. Que toute la joie dont ton cœur tressaille se recueille en tes mains, et que celles-ci consentent à effleurer fugitivement mon front, afin que demeure sauf en moi l’ascendant de ton amour. Loin des yeux seulement, ton Martin.»

Hannah H.  écrivait en 1928 :

«Je t’aime, tu le sais bien, comme au premier jour [...] La voie que tu m’as indiquée est plus longue et plus escarpée que je ne le pensais. C’est toute une vie qu’elle engage, et nombre d’années. Quant à la solitude de cette voie, j’y consens librement, et c’est là l’unique possibilité qui m’échoie. [...] C’est mon droit de vivre que j’aurais perdu, si j’avais dû perdre mon amour pour toi, mais c’est et de cet amour et de sa réalité qu’il me faudrait faire le deuil, si d’aventure je me soustrayais à la tâche à laquelle me contraint cet amour.»

Mademoiselle Sprengel dit dans les rushs filmés il y a quelques années :

« Et si l’amour n’était qu’une invention ? Un jeu de dupe où seules la séduction et la sexualité  avaient un rôle à tenir, où j’effleurerais sa peau, mais jamais ses profondeurs; une illusion qui nous guide, les premiers temps, vers un mieux-être où l’on croit se comprendre, et puis rien: nos silences, déjà, nos réticences. Le dernier de nos caprices, une belle illusion sentant l’eau de rose, et qui cache mal la simple baise que jusqu’à présent on m’a toujours proposé. Au fond je ne croyais plus en rien: et si la dépression est bien une défaillance de l’amour, pour autant l’amour existe-t-il ? Il y a nos deux corps, mais seront-ils capables de réinventer l’amour ? De lui redonner une vie et un langage ? »

Extrait de l’esquisse uniquement pour ceux qui demanderont un mot de passe à hunzinger (a) ressources.org  :