[Critique] Herrseltafdt es Eise / Le règne de la glace (abendzeitung münchen)

Ein Aufbruch, der zum Untergang wird :
"Ice Grave"rekonstruiert mit Archivmaterial ein gescheitertes Abenteuer
Es sind Bilder wie aus einer anderen Welt - oder wirklich aus einer solchen ? Schließlich sind viele der majestätischen Eismassen auf diesen über 120 Jahre alten Aufnahmen inzwischen Geschichte. Robin Hunzinger
erweckt sie in seinem herausragenden Film „Ice Grave"wieder zum Leben. Und er nähert sich einem Todeskampf inmitten dieser Frostwüste.
Im Jahr 1897 brachen die drei Forscher Salomon August Andrée, Knut Fraenkel und Nils Strindberg von Spitzbergen aus auf zum Nordpol. Es war die große Ära der Polarexpeditionen, Der menschliche Entdeckergeist richtete sich aufs ewige Eis. Doch das Trio kehrte nie zurück. Der Absturz ihres Wasserstoffballons besiegelte ihr Schicksal. Erst 33 Jahre später wurden ihre Überreste und die ihres Lagers gefunden. Was sich aber unter den Überbleibseln fand, sind einzigartige Zeugnisse dieser dramatischen Monate : außerordentlich gut erhaltene Foto- und Filmauf-nahmen, Tage- und Notiz-bucheinträge. Mit ihnen rekonstruiert Hunzinger eine tragische Geschichte, die ansonsten vielleicht nur eine historische Randnotiz wäre.
Die Atmosphäre, die sich in „Ice Grave"auftut, ist so lebensfeindlich wie anziehend. Die uralten Kameraaufnahmen könnten aus Hier ist die Herrschaft des Eises gebrochen. Von den einstigen Gletschern ist oft nicht mehr viel übrig. Es sind Motive, die im Subtext dieses Films mitschwin-gen : Vergänglichkeit, Erinne-rung, Scheitern. Sieht man in den heutigen Veränderungen der Natur Folgen des damaligen Ent-deckergeistes ? Hat sich der Mensch die Erde untertan gemacht und bezahlt nun teuer dafür ? So wie Andrée, Fraenkel und Strindberg, als sie den Nordpol der Unkenntnis entreißen wollten ?
Diese Gedanken schweben durch die Eiswüste, doch konzentriert sich der Film gerade in der zweiten Hälfte mehr auf die Men-schen, die durch sie irren. Zwischen Hoffnung und Verzweiflung kämpfen sich die drei Männer durch ein Niemandsland, für das der Mensch vielleicht zu dieser Zeit noch nicht bereit war.
Und hier bekommt man das Gefühl, dass das Eis diese Geschichte gezielt konserviert hat. Was Robin Hunzinger mit dem geborgenen Material erzeugen kann, geht dem Zuschauer doch auf einmal sehr nah, trotz der Ferne dieser Zeit und ihrer Bilder.
„Ice Grave"ist ein Film, der auf vielen Ebenen fasziniert, bewegt und erschüttert. Ein großes Werk über den Willen des Menschen und die Seele der Natur.
Matthias Pfeiffer
Le règne de la glace
Un départ qui tourne au désastre : « Ice Grave » reconstitue une aventure ratée à partir d’images d’archives.
Ces images semblent venir d’un autre monde – ou peut-être sont-elles bien réelles ? Après tout, bon nombre des majestueuses masses de glace que l’on voit sur ces clichés vieux de plus de 120 ans ont aujourd’hui disparu. Robin Hunzinger les fait revivre dans son film exceptionnel « Ice Grave ». Et il se rapproche d’une agonie au milieu de ce désert glacé.
En 1897, les trois explorateurs Salomon August Andrée, Knut Fraenkel et Nils Strindberg quittèrent Spitzberg pour le pôle Nord. C’était la grande époque des expéditions polaires, l’esprit de découverte de l’homme se tournait vers les glaces éternelles. Mais le trio ne revint jamais. Le crash de leur ballon à hydrogène scella leur destin. Ce n’est que 33 ans plus tard que leurs restes et ceux de leur campement furent retrouvés
Mais parmi les vestiges, on a trouvé des témoignages uniques de ces mois dramatiques : des photos et des films exceptionnellement bien conservés, des journaux intimes et des carnets de notes. Grâce à eux, Hunzinger reconstitue une histoire tragique qui, sans cela, ne serait peut-être qu’une note marginale dans l’histoire.
L’atmosphère qui se dégage de « Ice Grave » est aussi hostile que fascinante. Les images anciennes pourraient provenir d’un film expérimental.
Ici, la glace a perdu son emprise. Il ne reste souvent plus grand-chose des anciens glaciers. Ce sont des thèmes qui résonnent dans le sous-texte de ce film : la fugacité, le souvenir, l’échec. Les changements actuels de la nature sont-ils les conséquences de l’esprit de découverte d’autrefois ? L’homme a-t-il asservi la Terre et en paie-t-il maintenant le prix fort ? Tout comme Andrée, Fraenkel et Strindberg lorsqu’ils voulaient arracher le pôle Nord à l’ignorance ?
Ces pensées flottent dans le désert de glace, mais le film se concentre davantage, surtout dans la seconde moitié, sur les hommes qui s’y égarent. Entre espoir et désespoir, les trois hommes se battent dans un no man’s land auquel l’homme n’était peut-être pas encore prêt à cette époque.
Et ici, on a le sentiment que la glace a délibérément conservé cette histoire. Ce que Robin Hunzinger parvient à créer avec le matériel récupéré touche soudainement le spectateur, malgré la distance qui nous sépare de cette époque et de ces images.
« Ice Grave » est un film qui fascine, émeut et bouleverse à plusieurs niveaux. Une grande œuvre sur la volonté humaine et l’âme de la nature.
Matthias Pfeiffer


