Robin Hunzinger - La cavale
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Des journées sous les arbres (DNA) 

samedi 11 mai 2019, par La cavale

C’est l’histoire émouvante d’Erik Versantvoort, un coureur des bois néerlandais. Se sachant atteint d’une maladie incurable, il a choisi de vivre au fond de la forêt vosgienne. Sous le regard bienveillant des oiseaux et des animaux. Dans une cahute en bois toute simple, il écoute les bruits des arbres, les chants aériens et les appels des habitants naturels de cette forêt. Robin Hunzinger, réalisateur alsacien a suivi cette échappée dernière, avant le grand départ.

L’eau de la source
Un chant aérien, une bouilloire qui siffle, une futaie enveloppée de neige, des bruissements. Soudain une image fugace : un cerf. Le vent souffle, ébouriffe les branches qui ondoient et porte loin les cris d’animaux. Là en hôte de ces bois, un homme souffle sur des braises. Puis écoute emmitouflé sur un lit, les appels du ciel. Un peu plus tard Erik confie : « Il n’y a pas de réseau téléphonique ici. Tu peux mourir dix fois. La cabane est à zéro degré, si tu ne fais pas de feu, tu meurs. » L’eau, il la cherche à la source, à deux pas.
Changement de décor : à l’hôpital. La maladie est sur les lèvres et dans le corps. On en parle avec les soignants. Mais arbres et herbes reprennent le dessus. « La forêt est un art de vivre. Rien ne m’a poussé ici. C’est un choix que j’ai en tête depuis que je suis gosse, réalisé grâce à la maladie. Je veux vivre comme un homme préhistorique. Ma richesse, c’est la nature. »
Le film de Robin Hunzinger picore des instants de vie qui relèvent du conte philosophique, dessine le portrait d’un homme confronté à plus grand que lui, un être qui, une dernière fois, puise aux mystères de l’existence du vivant et des quatre éléments : l’eau, la terre, le feu, l’air. La forêt s’impose jusque dans la salle de cinéma. Elle murmure, bruisse, s’agite. On se prendrait presqu’à humer l’odeur de la terre détrempée par une grosse averse.
Entre deux souffles d’air, l’on apprend que des métastases se sont développées. L’homme des bois garde son calme ; il a sa famille, son amie chère qui viennent le voir.
Une biche passe. Les oiseaux gazouillent. « Ici je suis chez moi », souffle-t-il à son infirmière et à ses proches qui viennent partager des moments paisibles où l’on se raconte, se souvient, s’échappe par la parole et l’observation de la futaie et du ciel. Ici, on vit sans technologie. Mais on fait du pain et on va à la cueillette de fruits. L’on évoque aussi les moments futurs qui pourraient encore être partagés. On se dit que l’on tient l’un à l’autre. Des journées sous les arbres.
Mais Erik, n’est maintenant plus de ce monde.

CHRISTINE ZIMMER

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